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Le Club Midi Pyrénées était présent au TOUR ULM 2004 avec la participation des deux ULM FK9 : 31AI et 31BP.

Le récit de l'aventure
(texte de P. DELHOM).

Les photos ne sont pas forcément mises dans l'ordre du récit ! (Cliquez sur les photos pour les agrandir).


Vendredi 06/08/04

Pour AI et BP c'est le départ depuis LASBORDES pour rejoindre le terrain de ROANNE MABLY où sera donné le départ de ce TOUR ULM 2004. La route est tracée : ROREZ, ST FLOUR, ROANNE. La météo est plus clémente que les jours précédents, pas trop de vent mais le plafond serait plus sympa s'il voulait bien monter un peu…. On se pose tranquillement (sauf que le moteur cale à 2 mètres du sol) à ST FLOUR pour une petite pause café au club où l'accueil est des plus agréable. Comme souvent lorsqu'on voyage, le Président du club s'intéresse de prés à nos machines, la demande ULM devient pressante partout, surtout lorsque les machines s'apparentent à des avions. Puis on repart. Là bas au loin les nuages ont décidé de raser le relief, on avance, et pour le cas où, on prépare un déroutement. Finalement il reste juste un peu de place entre la couche et le sol pour passer le relief, c'est juste mais ça passe en conservant une petite marge de sécurité. On plonge ensuite vers les plaines, la visi n'est pas terrible mais suffisante et à ROANNE tout est clair pour un atterrissage sans encombre. La piste n'est pas des plus grandes, avec des arbres à un bout et une ligne à haute tension de l'autre, on se concentre et tout se passe nickel …ou presque…. Le moteur du BP cale à nouveau à deux mètres du sol, visiblement il plus pressé que nous d'arriver….. Nous retrouvons nos connaissances du tour précédent, un petit bonjour à Dominique MEREUZE le président de la FFPLUM que nous aidons à descendre sa machine de la remorque, Guy Wardavoir le Directeur des vols, Evelyne GOGNEAU de la DGAC ainsi que d'autres équipages que nous avons plaisir à retrouver.

Samedi 07.

Le temps est superbe, mais les ballades que nous projetions de faire sur la région, sont compromises par des soucis mécaniques que nous n'évoquerons pas en détails ici. Nous procédons aux dernières vérifications administratives et désormais pour toute la durée du tour nous nous appelons Mike 103 et Mike 161.

Dimanche 08.

Départ de MABLY. Les 124 machines s'envolent à cadence rapprochée, destination MONTMEILLEUR. Le temps est brumeux et, arrivé au sud de LYON la nébulosité ne s'améliore pas, heureusement il y le Rhône qui brille facile à voir. Et puis c'est la première aventure, la météo n'est pas suffisante pour se poser à MONTMEILLEUR, la consigne Tour est de se dérouter sur SAINT RAMBERT. Ah, bon, mais c'est où ça ? L'exercice est très instructif : 1 savoir où on est , 2 savoir où on va. Heureusement la nav était bien tenue, on tire un trait on prend le nouveau cap et SAINT RAMBERT nous tend les bras. Sauf que les bras en question sont passablement ventés par un vent du sud insistant. Tout le monde se pose sans encombre, petit pique nique et puis départ pour VALENCE un peu plus au sud. Le vent n'a pas molli, dés le levé des roues il faut bien tenir la bête…. A VALENCE l'arrivée en rafale des 124 machines pressées d'en finir, provoque un " pétage de plomb du contrôleur " qui ne sait plus trop où il habite….. Après 2 remises de gaz en finale pour cause d'encombrement la troisième tentative sera la bonne. Le vent est fort, mais bien dans l'axe, nous ferons là le plus beau Kiss du tour. On suit le parqueur et on sort tout de suite les piquets et les sangles…..

Lundi 09

Le vent est toujours là mais plus calme. Des entrées maritimes nous interdisent l'étape de MONTPELLIER. Nouveau déroutement, cap sur ALES. La piste est très sympa avec un délicieux village à flanc de colline juste en dessous de l'axe d'approche, dommage que l'on n'aie pas le temps de sortir l'appareil photo. Après le repas sur l'herbe, nous reprendrons le vol pour CASSAGNE BEGOHNES . Nos collégues du MIKE 161 restent au sol, les ennuis mécaniques sont trop graves. Nous gérons les nôtres du mieux possibles. Le plaisir de voler n'est plus réellement là, gâché par ces ennuis qui n'en finissent pas. On se repose, on se motive, on continue, seuls. La météo n'est pas terrible car les entrées maritimes poussent déjà jusqu'à MILLAU. Nous prévoyons donc un petit crochet à l'est. Dés le départ il faut grimper pour pouvoir passer le relief. Nous avons une pensée émue pour les pendulaires que nous doublons et qui ne sont pas à la fête. Nous cherchons le bon endroit pour passer en toute sécurité, et nous trouvons un passage plus à l'Est de MILLAU, tant pis pour le survol du pont….. Des orages étant prévus pour la fin d'après-midi, notre seule hâte est d'arriver au plus tôt. Nos amis du MIKE 161 arriveront tard dans la nuit, épuisés, le moral dans les chaussettes, après plusieurs heures….dans la cabine…..du camion citerne du Tour……Dans la nuit un vrai déluge bien venté nous réveillera, mais nous sommes au sol et c'est bien mieux ainsi.

Mardi 10.

Le ciel est clair avec quelques banc de nuages bas épars. Cependant le vol vers BAGNERES DE LUCHON est annulé, c'est un direct vers NOGARO en passant par Castelsarrazin et Condom. Le vol est calme et le spectacle magnifique juste en dessous des bancs de nuages épars éclairés par le soleil que nous avons dans le dos. A NOGARO il fait beau et nous pouvons sécher les tentes. Mike 161 nous rejoindra dans la journée avec une nouvelle machine neuve et en état, qui désormais s'appelle MIKE 150. Nous sommes très contents de les retrouver et surtout de voir leur calvaire s'atténuer.

Mercredi 11.

Départ de NOGARO pour une étape intermédiaire à TERRASSON. Par sécurité nous nous poserons à SARLAT, nous privant de l'accueil fort bien préparé de TERRASSON car nos soucis mécaniques perdurent, nous empêchant de poser court. Nous en profitons pour faire un peu de tourisme sur la DORDOGNE qui regorge de villages et châteaux somptueux. Puis c'est le cap sur STE HELENE une base privé à l'Est de la CTR de Bordeaux au beau milieu d'une immense forêt. Il faut bien calculer sa nav, pour éviter la CTR et franchir la GIRONDE au bon endroit. Nous passons pile poil aux bons endroits de report et filons sur STE HELENE. A l'approche ça turbule sec, au-dessus de la forêt, avec des rafales de vent qui demandent un pilotage très attentif, le contrôleur nous prévient qu'au ras du sol il y des peignes, on s'en doutait un peu, merci. On se pose nickel, sans finasser avec la longueur de la piste qui est confortable. Nous sommes dans les premiers posés, le contrôleur nous demande nos impressions, " c'est un peu sportif mais ça va " Par la suite le vent va baisser et le gros de l'armada se posera sans encombre. L'endroit est tout de même impressionnant, des pompiers partout, des gendarmes pour nous accueillir, ils sont très sympas et ne veulent que prendre des photos souvenirs. Il faut dire que la forêt qui longe la piste est en feu depuis 2 jours et que ça fume encore…… ceci expliquant ce déploiement de force, à grands renforts d'engins et d'hélicoptère de la sécurité civile.

Jeudi 12.

En principe c'est la journée de repos, et nous avions prévu une ballade vers les îles, mais la météo en a décidé autrement : succession de violents grains toute la journée. Les machines sont solidement attachées au sol et elles y resteront jusqu'au lendemain, pour une fois le plancher des vaches nous semble plus sympa que le ciel. Tant pis pour le plateau d'huîtres tant espéré…..

Vendredi 13 .

Le vent est devenu plus calme mais le plafond est bas avec à l'Ouest des grains qui menacent de nous rattraper. Inutile de vouloir faire le petit crochet vers l'embouchure et les îles, c'est bouché de chez bouché… On fait notre nav tranquille pour SAINT JUNIEN. En allant un peu vers l'Est le temps se dégage, il n'y pas de souci pour rejoindre cette plate forme très sympa, où, une fois de plus l'accueil est formidable. Après une petite démo en vol d'un vieux STEARMAN retapé mous prenons un cap vers la base Militaire d'AVORD où sont basés les avions radar AWAKS. Surtout bien suivre les points d'entrées, avec un premier passage obligatoire vertical d'une petite base ULM que nous avons du mal à distinguer, puis le point Sierra puis une longue finale dans l'axe de la piste principale, ça y est nous sommes chez les militaires. Difficile de rater l'atterrissage sur une petite de piste de……3 500 mètres ! Le contrôleur nous avouera ensuite que même à ROISSY il n'avait jamais fait poser 124 machines en moins de deux heures ! Il nous félicite pour le respect des consignes et la discipline de l'ensemble.

Samedi 14.

C'était l'étape à ne pas rater : nous nous posons à NUITS SANT GEORGES…. Et les tonneaux sont bien là, (rassurez-vous il ne s'agit pas d'acrobaties) dans le hangar du club…ce n'est pas de l'eau minérale….Nous ne dégusterons qu'avec modération, car ensuite il faut reprendre le manche. Un bon repas accompagne les produits locaux, c'est réellement le bonheur dans le pré…..Après une petite sieste c'est le retour à MABLY.
A MABLY il fait beau, des barrières de sécurité longent toute la piste, ce n'est pas du luxe, car le public est nombreux et chaleureux, pour venir assister aux atterrissages ininterrompus des 124 machines. Ce n'est pas tous les jours qu'un tel spectacle se produit. Les machines rasent les arbres et plongent sur la piste c'est un vrai régal pour les yeux. L'ambiance est bon enfant. Le soir, c'est comme dans les Bédés d'ASTERIX, le Tour se termine par un bon repas, des chansons et la fête.

Dimanche 15.

Le temps est des plus beau, la vol retour pour LASBORDES s'annonce calme et reposant. Nous survolons la chaîne des Puys avant de nous poser à ST FLOUR, pour un déjeuner sur l'herbe très bucolique. L'accueil est toujours aussi sympathique, le Président ne comprend pas comment nous sommes parties avec deux machines blanches et que nous revenons avec une blanche et une jaune….Nous n'avons pas le cœur de tout lui expliquer….Il y a dans la vie des choses qui doivent demeurer mystérieuses. Nous reprenons le cap sur LASBORDES, en évitant la CTR de RODEZ par l'Ouest, ce qui nous conduit à faire un peu de tourisme, NAJAC, CORDES, puis LASBORDES.

Pour conclure :

Ce Tour fût l'occasion de mettre à profit tout ce que nous avons appris au club avec nos instructeurs bénévoles : savoir tenir sa machine en toutes circonstances, et nous avons réellement vécu toute la palette des circonstances possibles ! (dans les limites et le respect du domaine de vol de la machine évidemment) Savoir tenir une nav précise et rigoureuse, et nous avons été bien servi aussi de ce coté là ! Nous avons du reste pu constater que la nav de papa avec carte, règle et crayon, avait encore de beaux jours devant elle, et ne remplacera jamais un GPS auquel on a donné de mauvaises coordonnées…. (Ne riez pas, si cela ne vous est jamais arrivé, cela vous arrivera un jour…. ) Tout aurait été parfait si la mécanique avait suivi, mais là, je n'ai vraiment pas le cœur pour en rire.

PIERRE DELHOM

Avec tous mes remerciements à Frédéric mon Co-pilote, dont le comportement en vol et au sol a été exemplaire de bout en bout.

Merci a Pierre pour ce récit et pour les photos. Bons vols.
Jean-Marc (Webmaster).

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