Pour
AI et BP c'est le départ depuis LASBORDES pour rejoindre
le terrain de ROANNE MABLY où sera donné le départ
de ce TOUR ULM 2004. La route est tracée : ROREZ, ST FLOUR,
ROANNE. La météo est plus clémente que les
jours précédents, pas trop de vent mais le plafond
serait plus sympa s'il voulait bien monter un peu
. On se
pose tranquillement (sauf que le moteur cale à 2 mètres
du sol) à ST FLOUR pour une petite pause café au
club où l'accueil est des plus agréable. Comme souvent
lorsqu'on voyage, le Président du club s'intéresse
de prés à nos machines, la demande ULM devient pressante
partout, surtout lorsque les machines s'apparentent à des
avions. Puis on repart. Là bas au loin les nuages ont décidé
de raser le relief, on avance, et pour le cas où, on prépare
un déroutement. Finalement il reste juste un peu de place
entre la couche et le sol pour passer le relief, c'est juste mais
ça passe en conservant une petite marge de sécurité.
On plonge ensuite vers les plaines, la visi n'est pas terrible
mais suffisante et à ROANNE tout est clair pour un atterrissage
sans encombre. La piste n'est pas des plus grandes, avec des arbres
à un bout et une ligne à haute tension de l'autre,
on se concentre et tout se passe nickel
ou presque
.
Le moteur du BP cale à nouveau à deux mètres
du sol, visiblement il plus pressé que nous d'arriver
..
Nous retrouvons nos connaissances du tour précédent,
un petit bonjour à Dominique MEREUZE le président
de la FFPLUM que nous aidons à descendre sa machine de
la remorque, Guy Wardavoir le Directeur des vols, Evelyne GOGNEAU
de la DGAC ainsi que d'autres équipages que nous avons
plaisir à retrouver.
Samedi
07.
Le
temps est superbe, mais les ballades que nous projetions de faire
sur la région, sont compromises par des soucis mécaniques
que nous n'évoquerons pas en détails ici. Nous procédons
aux dernières vérifications administratives et désormais
pour toute la durée du tour nous nous appelons Mike 103
et Mike 161.
Dimanche
08.
Départ
de MABLY. Les 124 machines s'envolent à cadence rapprochée,
destination MONTMEILLEUR. Le temps est brumeux et, arrivé
au sud de LYON la nébulosité ne s'améliore
pas, heureusement il y le Rhône qui brille facile à
voir. Et puis c'est la première aventure, la météo
n'est pas suffisante pour se poser à MONTMEILLEUR, la consigne
Tour est de se dérouter sur SAINT RAMBERT. Ah, bon, mais
c'est où ça ? L'exercice est très instructif
: 1 savoir où on est , 2 savoir où on va. Heureusement
la nav était bien tenue, on tire un trait on prend le nouveau
cap et SAINT RAMBERT nous tend les bras. Sauf que les bras en
question sont passablement ventés par un vent du sud insistant.
Tout le monde se pose sans encombre, petit pique nique et puis
départ pour VALENCE un peu plus au sud. Le vent n'a pas
molli, dés le levé des roues il faut bien tenir
la bête
. A VALENCE l'arrivée en rafale des
124 machines pressées d'en finir, provoque un " pétage
de plomb du contrôleur " qui ne sait plus trop où
il habite
.. Après 2 remises de gaz en finale pour
cause d'encombrement la troisième tentative sera la bonne.
Le vent est fort, mais bien dans l'axe, nous ferons là
le plus beau Kiss du tour. On suit le parqueur et on sort tout
de suite les piquets et les sangles
..
Lundi
09
Le
vent est toujours là mais plus calme. Des entrées
maritimes nous interdisent l'étape de MONTPELLIER. Nouveau
déroutement, cap sur ALES. La piste est très sympa
avec un délicieux village à flanc de colline juste
en dessous de l'axe d'approche, dommage que l'on n'aie pas le
temps de sortir l'appareil photo. Après le repas sur l'herbe,
nous reprendrons le vol pour CASSAGNE BEGOHNES . Nos collégues
du MIKE 161 restent au sol, les ennuis mécaniques sont
trop graves. Nous gérons les nôtres du mieux possibles.
Le plaisir de voler n'est plus réellement là, gâché
par ces ennuis qui n'en finissent pas. On se repose, on se motive,
on continue, seuls. La météo n'est pas terrible
car les entrées maritimes poussent déjà jusqu'à
MILLAU. Nous prévoyons donc un petit crochet à l'est.
Dés le départ il faut grimper pour pouvoir passer
le relief. Nous avons une pensée émue pour les pendulaires
que nous doublons et qui ne sont pas à la fête. Nous
cherchons le bon endroit pour passer en toute sécurité,
et nous trouvons un passage plus à l'Est de MILLAU, tant
pis pour le survol du pont
.. Des orages étant prévus
pour la fin d'après-midi, notre seule hâte est d'arriver
au plus tôt. Nos amis du MIKE 161 arriveront tard dans la
nuit, épuisés, le moral dans les chaussettes, après
plusieurs heures
.dans la cabine
..du camion citerne
du Tour
Dans la nuit un vrai déluge bien venté
nous réveillera, mais nous sommes au sol et c'est bien
mieux ainsi.
Mardi
10.
Le
ciel est clair avec quelques banc de nuages bas épars.
Cependant le vol vers BAGNERES DE LUCHON est annulé, c'est
un direct vers NOGARO en passant par Castelsarrazin et Condom.
Le vol est calme et le spectacle magnifique juste en dessous des
bancs de nuages épars éclairés par le soleil
que nous avons dans le dos. A NOGARO il fait beau et nous pouvons
sécher les tentes. Mike 161 nous rejoindra dans la journée
avec une nouvelle machine neuve et en état, qui désormais
s'appelle MIKE 150. Nous sommes très contents de les retrouver
et surtout de voir leur calvaire s'atténuer.
Mercredi
11.
Départ
de NOGARO pour une étape intermédiaire à
TERRASSON. Par sécurité nous nous poserons à
SARLAT, nous privant de l'accueil fort bien préparé
de TERRASSON car nos soucis mécaniques perdurent, nous
empêchant de poser court. Nous en profitons pour faire un
peu de tourisme sur la DORDOGNE qui regorge de villages et châteaux
somptueux. Puis c'est le cap sur STE HELENE une base privé
à l'Est de la CTR de Bordeaux au beau milieu d'une immense
forêt. Il faut bien calculer sa nav, pour éviter
la CTR et franchir la GIRONDE au bon endroit. Nous passons pile
poil aux bons endroits de report et filons sur STE HELENE. A l'approche
ça turbule sec, au-dessus de la forêt, avec des rafales
de vent qui demandent un pilotage très attentif, le contrôleur
nous prévient qu'au ras du sol il y des peignes, on s'en
doutait un peu, merci. On se pose nickel, sans finasser avec la
longueur de la piste qui est confortable. Nous sommes dans les
premiers posés, le contrôleur nous demande nos impressions,
" c'est un peu sportif mais ça va " Par la suite
le vent va baisser et le gros de l'armada se posera sans encombre.
L'endroit est tout de même impressionnant, des pompiers
partout, des gendarmes pour nous accueillir, ils sont très
sympas et ne veulent que prendre des photos souvenirs. Il faut
dire que la forêt qui longe la piste est en feu depuis 2
jours et que ça fume encore
ceci expliquant
ce déploiement de force, à grands renforts d'engins
et d'hélicoptère de la sécurité civile.
Jeudi
12.
En
principe c'est la journée de repos, et nous avions prévu
une ballade vers les îles, mais la météo en
a décidé autrement : succession de violents grains
toute la journée. Les machines sont solidement attachées
au sol et elles y resteront jusqu'au lendemain, pour une fois
le plancher des vaches nous semble plus sympa que le ciel. Tant
pis pour le plateau d'huîtres tant espéré
..
Vendredi
13 .
Le
vent est devenu plus calme mais le plafond est bas avec à
l'Ouest des grains qui menacent de nous rattraper. Inutile de
vouloir faire le petit crochet vers l'embouchure et les îles,
c'est bouché de chez bouché
On fait notre
nav tranquille pour SAINT JUNIEN. En allant un peu vers l'Est
le temps se dégage, il n'y pas de souci pour rejoindre
cette plate forme très sympa, où, une fois de plus
l'accueil est formidable. Après une petite démo
en vol d'un vieux STEARMAN retapé mous prenons un cap vers
la base Militaire d'AVORD où sont basés les avions
radar AWAKS. Surtout bien suivre les points d'entrées,
avec un premier passage obligatoire vertical d'une petite base
ULM que nous avons du mal à distinguer, puis le point Sierra
puis une longue finale dans l'axe de la piste principale, ça
y est nous sommes chez les militaires. Difficile de rater l'atterrissage
sur une petite de piste de
3 500 mètres ! Le
contrôleur nous avouera ensuite que même à
ROISSY il n'avait jamais fait poser 124 machines en moins de deux
heures ! Il nous félicite pour le respect des consignes
et la discipline de l'ensemble.
Samedi
14.
C'était
l'étape à ne pas rater : nous nous posons à
NUITS SANT GEORGES
. Et les tonneaux sont bien là,
(rassurez-vous il ne s'agit pas d'acrobaties) dans le hangar du
club
ce n'est pas de l'eau minérale
.Nous ne
dégusterons qu'avec modération, car ensuite il faut
reprendre le manche. Un bon repas accompagne les produits locaux,
c'est réellement le bonheur dans le pré
..Après
une petite sieste c'est le retour à MABLY.
A
MABLY il fait beau, des barrières de sécurité
longent toute la piste, ce n'est pas du luxe, car le public est
nombreux et chaleureux, pour venir assister aux atterrissages
ininterrompus des 124 machines. Ce n'est pas tous les jours qu'un
tel spectacle se produit. Les machines rasent les arbres et plongent
sur la piste c'est un vrai régal pour les yeux. L'ambiance
est bon enfant. Le soir, c'est comme dans les Bédés
d'ASTERIX, le Tour se termine par un bon repas, des chansons et
la fête.
Dimanche
15.
Le
temps est des plus beau, la vol retour pour LASBORDES s'annonce
calme et reposant. Nous survolons la chaîne des Puys avant
de nous poser à ST FLOUR, pour un déjeuner sur l'herbe
très bucolique. L'accueil est toujours aussi sympathique,
le Président ne comprend pas comment nous sommes parties
avec deux machines blanches et que nous revenons avec une blanche
et une jaune
.Nous n'avons pas le cur de tout lui expliquer
.Il
y a dans la vie des choses qui doivent demeurer mystérieuses.
Nous reprenons le cap sur LASBORDES, en évitant la CTR
de RODEZ par l'Ouest, ce qui nous conduit à faire un peu
de tourisme, NAJAC, CORDES, puis LASBORDES.
Pour
conclure :
Ce
Tour fût l'occasion de mettre à profit tout ce que
nous avons appris au club avec nos instructeurs bénévoles
: savoir tenir sa machine en toutes circonstances, et nous avons
réellement vécu toute la palette des circonstances
possibles ! (dans les limites et le respect du domaine de vol
de la machine évidemment) Savoir tenir une nav précise
et rigoureuse, et nous avons été bien servi aussi
de ce coté là ! Nous avons du reste pu constater
que la nav de papa avec carte, règle et crayon, avait encore
de beaux jours devant elle, et ne remplacera jamais un GPS auquel
on a donné de mauvaises coordonnées
. (Ne riez
pas, si cela ne vous est jamais arrivé, cela vous arrivera
un jour
. ) Tout aurait été parfait si la mécanique
avait suivi, mais là, je n'ai vraiment pas le cur
pour en rire.
PIERRE
DELHOM
Avec tous mes remerciements à Frédéric mon
Co-pilote, dont le comportement en vol et au sol a été
exemplaire de bout en bout.
Merci
a Pierre pour ce récit et pour les photos. Bons vols.
Jean-Marc (Webmaster).