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Week-end de l'Ascension en Corse avec 31-BW

Gérard BENIGNI / Pierre DELHOM aux commandes du FK9 Bravo Whisky .

Le récit de l'aventure (texte de M. Benigni). Mai 2005

Cliquez sur les photos pour les agrandir ! Magnifique !!!



Sortir de son jardin où l'on a ses repères et habitudes et partir au-delà des mers, sur une île : la Corse, c'est plus difficile à décider qu'à réaliser !

Lorsqu'on lit les récits de voyages des "aventuriers" de l'ULM, on se dit que ce n'est pas pour nous ; trop de risques, trop d'aléas, trop d'incertitudes ...

Pour moi, le plus grand danger ? Ne jamais oser, ne jamais risquer, rester incolore et sans saveur. "Vivre plus haut, plus fort, plus fou, car il n'y a d'ailleurs, d'au-delà, d'infini que celui de notre liberté."(1)

Pourtant, passer à la réalisation d'un projet de voyage est un moment de plaisir. Agrandissez votre jardin, faites le tour ULM avec la FFPLUM et vous verrez, le plus difficile, c'est de se décider. "Ce qui embellit la vie ? Une idée, un projet, une passion qui donne un sens nouveau à chaque seconde."(1)

A deux pilotes, nous partageons les taches et ... le budget.

"Oui, mais la météo est incertaine, on peut partir et rester bloqué par le vent, la mauvaise visi." ! Pour pallier cet inconvénient, nous avions décider d'être autonome, d'apporter avec nous une tente légère avec matelas gonflables et le nécessaire donné par Phillipe pour arrimer 31-BW. Pour les repas, la Carte Bleue devrait suffire.


1ère mi-temps
Arrivés sur le terrain de Lasbordes à 8h, le temps de charger, d'installer le GPS de secours, les cartes ... de prendre la météo et déposer le plan de vol ... enfin la bise aux épouses éplorées ... il est 9h30 lorsque nous décollons !

Comme souvent, plafond bas jusqu'à Carcassonne, la couche n'est pas soudée et nous cheminons entre le paquets blancs, avec le demi-tour toujours possible.

Nous passons à l'ouest de Béziers et cap sur le VOR de Montpellier. Les nuages sont au-dessus et nous restons à 2600 ft.

Vertical le terrain de Montpellier, le ciel se dégage et nous montons à 5500 ft.

Transpondeur alticodeur en marche, nous transitons dans ces zones multiples, c'est le plus direct et le plus simple. Nîmes-Garons, Istres, Marseille-Provence (ex-Marignane) en ligne droite ; nous n'avons qu'à tenir le cap et l'altitude ! Quelle facilité à deux, et quel plaisir de regarder dehors !


L'organisation à bord :
A tour de rôle, nous tenons le manche, ce qui évite les départs en virages et les variations d'altitude lorsque nous mettons le nez dans la doc. L'un fait la radio, l'autre note les fréquences et codes transpondeur, affiche sur le GPS le point suivant...

Un GPS est dédié à la route, avec le cap et le temps restant, l'autre GPS déroule la carte et donne la dérive, l'horizon, l'altitude... en fonction du besoin

Escale à Cuers-Pierrefeu, ancien terrain militaire avec une immense piste, un bonjour à l'aéro-club du Var et pause au restaurant mitoyen. Repas sympa sous la tonnelle, puis complément de plein pour 31-BW et nous repartons pour le survol maritime. Il faut faire vie car l'orage menace. Côté terre, il est déjà présent sur Nice, mais côté mer c'est nettement plus dégagé et calme. Au dernier moment, contrôle de Gendarmerie de l'air, ils sont compréhensifs et ne nous font pas perdre plus de temps que nécessaire au relevé de nos documents obligatoires.


Le survol maritime
Des nuages un peu partout, mais la visi est bonne et nous décollons.

Nous passons la balise VOR de St Trop et commençons notre bond au-dessus de l'eau, vers le point MERLU. Nous montons à 5500 ft, au dessus de la Grande Bleue, la partie a commencé, cette fois-ci on y est. Ligne droite, plus de repère au sol, ni d'agitation de l'air.

Immense moquette tachetée de multiples paillettes de diamant qui étincellent, c'est de l'eau et elle est bleue. Instant unique que l'on savoure goutte à goutte.

Nous n'avons pas d'autre horizon que celui du GPS, sur le petit tableau de bord de son écran ; il y a aussi un altimètre, un vario et le cap à suivre. J'essaie de piloter en ne regardant que cet écran ; mais il y a toujours un paramètre qui commence à dériver lentement et qu'il faut rectifier, les trois-quarts du temps sont consacrés à l'horizon pour rectifier les mises en virages lentes, et le quart restant pour le vario, l'alti et le cap. C'est fastidieux.

Regarder dehors, le spectacle nous entoure... Rien que le ciel et l'eau, la séduction de l'infini. Abord, c'est la sérénité parfaite, tout marche impeccable, même le vent nous reste favorable, et les quelques nuages que nous croisons ne sont là que pour le décor. En bas quelques rares bateaux que nous rattrapons et que nous laissons vite derrière, l'échelle des vitesses n'est pas la même...

Une phrase de St Ex me revient : "Tu t'es roulé en boule dans ta sécurité, tes routines, les rites étouffants de ta vie. Nul ne t'a saisi par les épaules quand il était encore temps. Désormais, qui pourra réveiller l'artiste, l'aventurier, le révolutionnaire qui sans doute t'habitaient d'abord ?"

La côte Corse apparaît déjà et nous voyons les sommets encore enneigés coiffés de nuages et qui semblent flotter au dessus d'un banc de brume ! Puis la frange d'écume de la côte ; il y a des vagues !

Contact avec Ajaccio au point LONSU qui nous demande d'arriver au point NW à 1500 ft. Nous transitons par les points sud (que nous n'avions pas entrés dans le GPS) ; mais les caps sont bien visibles, îles Sanguinaires, Capu di Muru.

Propriano en vue, pas de contrôleur, un avion dans le circuit nous donne la piste : la 28.

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Le port de Propriano. En arrière plan, la longue piste du terrain

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31-BW en vue de Propriano
La plage, la longue piste et les bâtiments à droite.
A gauche, les maisons du haut de Propriano


Propriano
La première surprise, c'est l'herbe sur la piste ; entre le joints des dalles poussent des herbes qui approchent le mètre. Heureusement, en ULM nous avons l'habitudes des pistes en herbes !

Atterrissage sans problème, nous allons à la pompe pour faire boire 31-BW et nous cherchons une place pour le garer, dans l'herbe si possible, non pour le faire brouter mais pour planter les piquets et l'arrimer pour la nuit ! Faudrait pas qu'il parte sans nous !

Nous plantons notre tente à coté et passage au bar pour le traditionnel complément de plein des pilotes. L'ambiance est irréelle, la plateforme se situe en pleine campagne dans la vallée qui se jette dans la mer, ici le temps s'est arrêté, les herbes ont envahi la piste et les hirondelles ont trouvé refuge dans le vieil hangar qui résonne de leurs piaillements printaniers. L'accueil est excellent, bon enfant et décontracté, en toute simplicité, bien loin de toutes les contraintes qui peu à peu envahissent nos plateformes continentales. Pourvu que ça dure !

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31-BW au parking pour la nuit.
Et devant, sous l'aile, notre tente ... sur l'aire de camping de Propriano.


La ville
Il est encore tôt, nous décidons d'aller en ville faire les touristes. A vol d'oiseau, il y a 1 Km, mais une rivière, la Rizzanese, nous arrête, car les eaux sont hautes et nous devons faire le tour par le pont, soit 7 Km ! Un vieux réflexe de ma période estudiantine, je lève le pouce et la deuxième voiture s'arrête. Monsieur a volé ici dans son passé et nous parle de ses vols.

En ville le port nous attire... il y a du nautique dans l'aéronautique !

Après une petite marche de mise en appétit, nous trouvons un resto avec un plateau de spécialités corses. Notre voisine de table est la belle-mère du cuisinier et ne tarie pas d'éloges sur son gendre ! Ah ces belles-doches.

Le retour au terrain se fait à pied, sous la lune, aucune voiture ne s'arrêtera ! Nos mines sont "pas tibulaires" ! Elles ne le sont que la nuit, bien sûr !


Vendredi matin

Petite brise de mer qui devrait s'inverser ; rapide petit déj et départ pour une rando basse altitude au-dessus de l'eau. A Figari, un Airbus est attendu mais le transit côtier nous est autorisé.

Pour une fois, nous ne sommes pas sur la côte à regarder l'eau mais sur l'eau à regarder la côte, et elle est jolie cette côte rouge.

Survol de Bonifacio, merveilleux port naturel qu'il faut découvrir en bateau ! A tour de rôle, séance photo et séance pilotage, on ne sait plus où donner de l'objectif, c'est magnifique partout ! Puis cap sur les îles Lavezzi et Cavallo, longue piste privée en terre, entourée de cases pour milliardaires.

Puis la baie de Rondinara, paradis des escales-nature en bateaux et cap sur Porto Vecchio (Porto-véq pour les intimes).

Figari nous demande d'activer notre transpondeur pour que l'Airbus nous localise. Ok, c'est fait, il nous "voit". Nous sommes loin de sa route et trop bas pour risquer une collision, mais il est rassuré et nous aussi.

Une séance photo sur Porto-véq, nous ouvrons la fenêtre de BW, le vent ne s'engouffre pas mais il faut l'accrocher au plafond. Quand on la referme, elle se plaque d'elle-même... c'est la dépression... nous n'avions pas arrêté la pressurisation cabine !!!

De Porto-vèq nous décidons une directe sur Ajaccio, par dessus la montagne, BW grimpe merveilleusement bien le long des pentes sauvages (la légèreté n'a pas que des inconvénients). Un petit tour sur le GR20 qui traverse la Corse nord / sud. Un magnifique lac perché en altitude, entouré d'immenses pins.

Ajaccio se présente par son point SEA et piste 20 en service, il faut se poser vers la mer. Un 747 est à l'approche, nous le voyons disparaître derrière les collines puis réapparaître en entrée de piste ! Pour eux la qualif. de site n'est pas inutile ! Et pour les passagers frôler les collines doit procurer une sensation étrange...

Pour nous, après la branche vent arrière, un petit bout de piste nous suffit, et il faut de rallonger pour atteindre la bretelle de sortie. Le contrôle nous envoie au parking "Aviation Générale" que nous cherchons sur nos cartes... nous voyant ralentir, le contrôleur nous guide, il suffit de ne pas confondre la droite et la gauche.

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La piste d'Ajaccio en passant par le point SEA


Passage au bureau de piste d'Ajaccio,
obligatoire pour sortir du parking, sécurité oblige !

Nous allons manger sur la terrasse ombragée du sympathique restaurant de l'aéro-club. Retour par les points Sud au-dessus de l'eau. Propriano est toujours dans son écrin de verdure avec sa plage en bout de piste.

 

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Vue plongeante sur Propriano,
le terrain, la ville et le port


Sitôt posés, nous allons à pied sur cette plage ; il n'y a personne, baignade en slip, l'eau est encore fraîche et avec les vagues, on se croirait en Atlantique.

Au retour, nous entendons les pendulaires qui commencent à tourner. Le vent est tombé et ils vont partir pour un tour de la Sardaigne. Visite de leur hangar, discussion avec Vincent, l'organisateur. La plupart viennent du nord de l'europe par la route, ils assemblent leurs machines et font les essais en vol pour un passage de la frontière vers 18h. Bons vols !

Nuit sous la tente, camping gratuit et douche chaude au bar. Dans la tente d'à coté, une allemande n'a pas arrêté de parler ! Le lendemain, nous lui demandons de parler moins fort et elle nous répond : faisons un deal, je parle moins fort et vous ronflez moins fort... Vive l'Europe !

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Le parking trés encombré de Propriano.
31-BW en bonne place devant le restaurant


2ème mi-temps
Samedi matin, le temps est clair, brise légère, la météo annonce du vent dans la vallée du Rhône avec une bonne visi. Nous décidons de rejoindre le continent. Dépôt du plan de vol impossible par tél. Ce sera par fax depuis le bureau de piste. Le plan de vol s'arrêtera à Cuers, puis ce sera du vol à vue au-dessus de l'eau, nous commençons à aimer les cheminements côtiers.

Décollage vers 8h30 et passage au-dessus du terrain d'Ajaccio, que nous commençons à connaître ; puis le point NW. Léger vent de face, nous demandons à rester à 3500 ft.

Puis passage avec Nice Contrôle. Au point MERLU, entre île et continent, nous virons cap sur St Trop. Le mistral nous ralentit un peu, ce qui nous laisse le temps d'admirer les Alpes enneigés, Nice, Cannes, les îles de Lérins... Une visi. d'enfer, un Cavok spatial ! Notre champ visuel s'étend de l'italie à Marseille sur fond de montagne enneigée, rien que pour ce moment, le voyage valait la peine. Evidemment la contre partie de cette visibilité exceptionnelle, c'est un vent soutenu, il faudra s'y faire... Nous nous y préparons.

"C'est dans ce vent magique que l'âme se recharge d'espérance"(2)

Trafics en face, trafics dans le même sens, annoncés par Nice, nous ouvrons l'oeil mais n'en verrons qu'un. Tenir l'altitude à 100 pieds près n'est pas contraignant au-dessus de l'eau ou les turbulences sont rares. Nous ne verrons qu'une langue de nuage compacte, lenticulaire et isolée. Une onde des Alpes ?

Au point LERMA, nous quittons Nice pour Marseille, La baignade dans l'ULM sera pour une autre fois, merci Alain et Jean Bruno.

Cuers est en vue, avant d'entrer dans le tour de piste, nous appelons Marseille pour quitter leur fréquence et passer avec Cuers. Ok dit Marseille, au revois. Je demande : "et le plan de vol ?" Pas de réponse, bon, il a compris que j'étais à destination, puisque c'est là que se termine mon plan de vol.

A Cuers, nous complétons notre plein avant la pause de 12h à 14h, taxes d'aéroport payées et cap sur le sympathique aéroclub du var et le resto. Repas en terrasse toujours aussi agréable. Puis, nous demandons aux gens du club leur avis sur le vent qui nous semble se renforcer. Comment sera le passage de Marseille ?

A ce moment, mon portable sonne, Benoît de l'aéroclub de Toulouse nous annonce que le service SAR a lancé les recherches en mer pour nous retrouver. Le véhicules des pompiers est venu à Cuers pour chercher notre ULM, mais ne l'a pas trouvé ! Ce n'est pas un pendulaire ! Le FK9 était pourtant littéralement sous son nez, petit avion parmis d'autres, mais néanmoins ULM.... Comme quoi les techniques évoluent plus vite que les clichés qui sont encore vivaces, et au demeurant faux, d'ULM bricolé avec un peu de toile et un moteur de tondeuse... et piloté par des Gaston Lagaffe inconscients...

Explication au tel avec le service SAR, ils sont furieux, ils nous cherchent depuis deux heures et c'est l'alerte rouge !

"Nous avons écouté les bandes enregistrées et vous n'avez pas demandé la clôture du plan de vol, le mot clôture n'est pas dans votre message" Bon, bien noté, il faut demander la clôture formelle et aussi noter l'heure donnée par le contrôleur.

Grosse frayeur au Club de Toulouse qui nous a cru perdus en mer ! Nos épouses éplorées commençaient à nous déplorer puis apprennent que nous avons survécu au naufrage en mer ! ... Dommage, c'est le seul raté de notre vol. Et ce que nous pensons être un excès de zèle nous perturbe.... Mais au fond mieux vaut être recherché pour rien plutôt qu'oublié dans l'eau !


Le retour par la côte
Après hésitation à cause du vent, conseil pris auprès de l'instructeur de l'ACV, il nous relaie la météo de Marseille : belle visi, mais vent 15 à 25 kt, rafales à 35 kt.

Nous décidons de partir. Un pilote du club nous dit :"en face de Marseille, vous allez vous faire tabasser dur !". Bien noté, tous les objets de la cabine sont rangés et tenus, nous serrons un peu plus nos ceintures et cap sur la base militaire de Hyères.

Nous demandons le passage vers la côte et un répondeur automatique nous raconte sa mélodie. Nous contournons la zone interdite de Toulon et filons vers le point SW-cap Siciè.

Contact avec Marseille qui nous reconnaît : "c'est vous BW " ! Explication bis !

Le transit côtier par temps clair est un régal. Nous sommes toujours au-dessus de l'eau, de cap en cap avec le GPS qui permet une navigation au millimètre en gardant les yeux dehors ! Vive le vol à vue !

La vitesse sol ralentie, nous tombons parfois à 90 km/h malgré les 160 affichés par le badin. Les moutons sont partout, mais le pré est toujours bleu.

"Il est des vents qui tirent l'âme de sa léthargie, des vents enveloppés, baigné de mystère, élus de toute éternité pour être le siège d'une intense émotion."(2)

Nous sommes un peu secoués, mais nous savons que "la vie est une fleur à cueillir au milieu des orties".(1)

Finalement nous sommes moins secoués que lors d'un vol chez nous par vent d'autan, il faut simplement être vigilant à la dérive.

Un peu avant le point Sierra la contrôleuse nous demande de préciser notre position géographique. Nous nous regardons.... qu'est-ce qu'elle veut ? Nos coordonnées longitude et latitude ? En réalité nous comprenons qu'elle avait un écho provenant d'une machine qui volait derrière nous sur alticodeur 7000 et nous confondait avec lui, dès que son pilote s'est manifesté, son doute sur notre position réelle s'est levé, et elle a pu constater que nous étions bien là où nous prétendions être...

Dans ce cheminement, il y a trois points Sierra différents. A la suite de cette question, nous ajouterons à chaque fois "BW au point xx Cap Machin" pour éviter les ambiguités.

A l'approche de Montpellier, le temps est clair et nous demandons à monter à 4500ft. Ok dit Provence, rappelez Alpha Mike ; c'est Aigues Mortes et sa ville fortifié, à côté d'un marais salant rouge ! Photos.

Puis verticale Montpellier-Méditerranée, ex Fréjorgues, et cap direct sur Lasbordes. Le ciel est dégagé jusqu'au paradis, mais avec du vent contraire... qui nous contrarie... on peut pas tout avoir !

Au-dessus du terrain de Bédarieux, nous voyons les haubans du viaduc de Millau.

Nous nous sentons de nouveau dans notre jardin, l'aventure se termine.

Aventure ?

"Qui se calfeutre et n'aime pas le vent, n'aura pas l'aventure et n'aura pas l'espace, celui-là passe et ne sait pas qu'il passe"(3)

Le survol de la mer que nous appréhendions se révélera finalement le plus facile si nous pouvons conserver la référence horizon.

L'autonomie ? BW a 5h30 d'autonomie mais pas nous... ! Les escales sont souvent agréables, pourquoi s'en priver !

Une bonne préparation du vol, un peu de chance avec Dame météo et la patience d'attendre les conditions favorables, en sachant que tout ne peut pas être parfait. Par ailleurs ce genre de périple ne peut se concevoir qu'a deux pilotes capables de partager toutes les tâches à tour de rôle, et de se faire confiance. Piloter la machine seul en restant dans les bons paramètres tout en s'occupant en même temps de la radio, des changements de fréquences, du transpondeur, des GPS et des cartes est déjà très difficile par grand beau temps, et devient vite impossible en cas de météo plus rude ou de modification impromptue à apporter dans la navigation prévue. La vraie sécurité du vol au long cours réside dans ce partage confiant. L'aventure, s'il y en a, est d'abord une aventure humaine et tout le reste est cadeau...

Et le prochain voyage ?

Pourquoi pas le Maroc !

A bientôt sur nos lignes ...

 

(1) François Virot (2) Léon Bousquet (3) Lanza des Vasto

Un grand MERCI à Gérard Benigni pour nous avoir fait partager cette aventure.

Si vous désirez, vous aussi, nous envoyer vos textes et photos, faites les parvenir par mail à webmaster@actmp.com ou laissez les documents au secrétariat de l'Aéro Club. Merci d'avance et bons vols.

Le Webmaster.

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